Jeudi 30 août 2007

 
L'orchestre de chambre Kremlin-Moscou avec Julia Kogan 
en concert à Villevielle le 3 août 2007


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Les orchestres de chambre russes ou ceux venant des anciens pays de l'Est jouissent d'une bonne réputation. A juste titre il est vrai. L'année dernière par exemple le Baltic Chamber Orchestra, constitué en bonne partie par des solistes de la philarmonie de  St Petersburg, avait fait une brillante démonstration de virtuosité sous la baguette du français Emmanuel Leduc avec notamment au programme "la nuit transfigurée" de Schoenberg. Une grande soirée mémorable.

Cette année, les Kremlin-Moscou n'avaient pas hélas la même détermination. Ils ont certes fourni une prestation honorable mais sans jamais trop s'investir vraiment. Ils paraissaient sinon absents du moins guère impliqués, jouant sans grande conviction comme si ce concert n'était qu'une étape obligée de leur tournée en France et en Espagne. En première partie la soprano Julia Kogan avec sa voix agréable et son timbre clair, précis, dynamique, plein d'allant,  a donné heureusement un peu d'éclat à une soirée qui en manquait nettement. Un moment de bonheur. Certes, mais nous avons attendu en vain qu'elle chante en bis un air ou une mélodie supplémentaire. Les applaudissements et rappels du public n'y ont rien changé ! Elle s'en est tenue strictement au programme prévu pour ne pas dire minimum. La prochaine fois il me faudra penser à négocier à l'avance les bis dans le programme ( rires) ! C'est donc une vague mais précise impression de manque de sérieux qui prévaut pour ce concert. J'en veux pour preuve le nombre de coups de fil qu'il m'a fallu passer pour mettre au point le programme. C'est ainsi, j'aurais dû me renseigner davantage avant de les engager. Pourtant le public, relativement nombreux même si la salle n'était pas pleine, a trouvé le concert à son goût. Les applaudissement m'ont paru sincères et non pas de circonstance, et qui plus est plusieurs personnes m'ont fait part de leur satisfaction après le concert. Me tromperais-je dans mes analyses? Aurais-je formulé des jugements trop hâtifs ? je ne le pense pas, je pense plutôt que ce soir-là nous avions à faire à un bon public. Je n'irai pas jusqu'à dire que le concert n'était pas bon, il n'était pas franchement mauvais mais tout juste honorable. C'est un peu comme si nous avions eu la photocopie du concert à la place de l'original ! Je ne voulais pas en parler ici car je n'aime pas démolir le travail des artistes qui exercent parfois dans des conditions difficiles et qui méritent respect et reconnaissance. Mais c'est rendre un mauvais service aux vrais serviteurs de la musique que de ne pas parler de ceux qui s'en servent bien plus qu'ils ne la servent.

  


par Daniel publié dans : les concerts de 2007
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Mercredi 29 août 2007
Le concert de "Barbara Furtuna" 
dans la chapelle de Salinelles 
le 12 août 2007
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"Barbara Furtuna" : 

Jean Philippe Guissani, André Dominici, 
Maxime Merlandi, Jean Pierre Marchetti.

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Je crois que les cigales se sont tues quand la complainte des chants corses de Barbara Furtuna a commencé à s'élever dans la chapelle de Salinelles. Ce sanctuaire roman que l'histoire n'a pas ménagé et qui a connu tant d'heures difficiles a subi un destin aussi cruel que les habitants de l'île de beauté. "Barbara Furtuna", non il ne s'agit pas ni du prénom ni du nom d'une personne, il s'agit de ce poème corse qui évoque la fortune tragique de l'île livrée régulièrement aux invasions des barbares et des envahisseurs de tout poil. Cruelle destinée pour cette île qui comme nous le dit simplement un des chanteurs du groupe évoque bien aujourd'hui encore ce qui fait l'âme corse. Simplement, oui, le mot est lâché et convient bien pour décrire l'ambiance propre à ce concert. En fait dans ce concert, les choses sont toute simples : il suffit de se laisser porter par ces voix d'hommes chantant en se groupant serrés le plus possible ensemble, parfois même face à face, comme pour fusionner davantage les parties. 

Voilà un concert qui nous apprend bien plus sur la Corse comme aucun livre, même parfaitement documenté ne peut le faire. Jean Philippe Guissani, André Dominici, Maxime Merlandi, Jean Pierre Marchetti sont avant tout de fidèles interprètes de la tradition corse. Une tradition qui reste vivante, qui n'est pas du folklore, qui s'enrichit de textes et de chants nouveaux puisés dans les racines de leur culture. Ce ne sont pas des artistes de music-hall qui propagent une certaine vision édulcorée ou glamour de la Corse, non, ce ne sont pas des corses d'opérette ni d'opéra. Pas de grand spectacle avec mise en scène. Ils ont gardé la simplicité des gens de la terre dont ils sont issus et à laquelle ils appartienent encore. Ca se sent. Ils sont vrais. Le succès ne leur est pas monté à la tête et c'est cela qui rend précieux leur engagement au service d'un art authentique : ils sont restés fidèles aux origines et à la vérité des polyphonies de l'île. Aujourd'hui encore, ils répondent présents, comme avant, quand un parent ou un ami leur demande de chanter à un enterrement ou à une cérémonie de famille. 

Alors le résultat de tout cela c'est cette longue mélodie plaintive qui nous parvient comme surgie du fond des temps. Moment de vérité. Les masques tombent. Douleurs, espoirs et  joies se fondent dans ces récits chantés qui s'écoulent comme une source et explosent aussi comme un volcan. Quand on vit de tels moments graves et intenses comme ceux-là dans la chapelle de Salinelles , on a l'impression que ces voûtes, ces arcades ont quelque chose qui les rattache à ces voix humaines, comme si un lien profond, une origine commune mêlait les chants de la terre corse à ceux des pierres de St Julien.

BARBARA FURTUNA
 
O cruelle destinée, sort ingrat
A nous tous tu serres le cœur dans la poitrine
Lorsque nous pensons à notre liberté passée
 
Puis vint ce jour funeste où il nous fallut
Abandonner nos joies pour des tourments
Dieu que ce jour fut triste pour moi
 
Adieu Corse, mère tant aimée
Cette séparation est sans espoir de retour
O quelle douleur dans l’âme pour l’exilé
O quelle douleur dans l’âme, inconsolable

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Séance de dédicace après le concert.


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A la fin du repas, comme dans un repas de famille, pour nous remercier, nos amis corses ont chanté et joué de la guitare. La plus belle des récompenses pour toute l'équipe de bénévoles du festival.
par Daniel publié dans : les concerts de 2007
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Dimanche 26 août 2007
Villevieille le 8 août 2007

Le Quatuor Yzaÿe et Michel Serres
Haydn : "
les 7 dernières paroles du Christ en croix".

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Magnifique concert le 8 août dernier avec le quatuor Yzaÿe et Michel Serres. Oui magnifique interprétation, un très grand moment de musique. Mais de musique seulement, surtout pour les spectateurs du fond de la cour, qui en raison d'une panne de son sur une des 6 enceintes n'ont pas entendu les interventions de Michel Serres.
Pourtant, lors du montage et ensuite une heure avant à la répétition générale, tout marchait impeccable ! Pas l'ombre d'un problème à l'horizon. Et pourtant lors du concert, la tuile : une enceinte se met à grésiller, à hacher menu le son ! Que faire alors? Tout a été essayé, mais en vain. Il aurait fallu débrancher illico l'enceinte défectueuse. On l'a fait lors de la dernière sonate, mais trop tard.
Le désagrément est  réel mais reste heureusement limité car à ce jour seule une personne a demandé à se faire rembourser en partie ses 3 places. D'autres, plus modérées ont  souhaité recevoir les textes de Michel Serres. Voilà qui rassure. En effet si trop de personnes demandaient à être remboursées, même partiellement, hé bien nous n'aurions plus qu'à tirer le rideau et déposer le bilan du festival. 
Je ne sais pas si nous pourrons envoyer les textes à ceux qui le souhaitent car bien sûr ils sont soumis aux droits d'auteur. Mais bon en le demandant gentillement à Michel Serres il est possible que ça marche. Ca serait une bonne solution. A suivre donc. 
A part ça, le concert s'est quand même bien passé pour une bonne partie du public. Après, lors de la dédicace des disques, personne ne s'est plaint sinon de façon compréhensive.

Voilà un concert préparé depuis de longs mois qui a nécessité de longues discussions, qui devait être l'événement majeur du festival sinon exceptionnel et qui a viré au cauchemar. Impossible pour moi dans ces conditions d'aprécier la beauté de l'oeuvre musicale et l'interprétation oh combien merveilleuse du quatuor. C'est ainsi, il arrive que la fête soit gachée, mais il faut aussi prendre du recul au regard des catastrophes bien plus graves qui se produisent dans notre vaste monde. 


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Quelques photos du concert et du repas qui a suivi. L'ambiance était malgré tout chaleureuse et détendue, malgré la panne de sono, malgré la fatigue, malgré le vent glacial de cette nuit d'août... Merci encore au Quatuor Yzaÿe: Guillaume Sutre, Luc-Marie Aguera, Miguel Da Silva, Yovan Markovitch et à Michel Serres.

Comble de malchance, le lendemain, à cause d'un malentendu deux d'entre eux ont manqué leur train de retour. C'est ainsi. Encore toutes nos excuses, amis, et merci pour votre compréhension.


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par Daniel publié dans : les concerts de 2007
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Samedi 25 août 2007

Le concert de Patick Bismuth, Hélène Dufour et David Simpson 
à Salinelles le 15 août 2007


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Le beau temps semble revenu. Pourvu que ça dure ! Drôle d'été qui s'achève sans avoir vraiment commencé ! J'aime la douce chaleur des derniers jours d'août. A Salinelles, les derniers concerts du festival prennent une toute autre couleur. L'ambiance change. Comme l'air du temps elle devient plus sereine. Il n'y a plus la pression créée par les concerts qui se succèdent à un rythme accéléré. Avec tous les soucis qui vont avec. Je n'ai pas oublié bien sûr le relatif fiasco de la soirée à Villevieille où une panne de sono a privé une partie de la salle des paroles de Michel Serres. Voilà un concert préparé avec passion depuis des mois, longuement négocié, minutieusement préparé, mitonné comme un de ses plats dont a le secret et puis, flop, tout rate à cause d'une enceinte qui grésille, du technicien absent au moment de l'incident. Le public a été plutôt compréhensif. A ce jour, une seule demande de remboursement nous est parvenue. Le pire a été évité. Organiser un festival c'est gérer une foule de détails qui du plus petit au plus grand sont tous importants. Tout cela est déjà loin et je ne suis pas près d'oublier les moments de pur bonheur que nous a offert Patrick Bismuth avec ses violons baroques réglés différemment pour chacune des sonates du Rosaire de Biber. Quel résultat! Chaque coup d'archet vient aussi nous pincer droit au coeur ! Et j'entends encore les accords limpides, clairs, vrais et généreux du clavecin d'Hélène Dufour. Ils réveillent en nous des sentiments enfouis au plus profond de nous, tellement enfouis qu'on les croyait perdus. Ils ressurgissent comme une joie pure. Et au violoncelle David Simpson fait des merveilles en parachevant le tout. Voilà de quoi penser nos plaies festivalières. La Tempesta, c'est le nom de l'ensemble formé par P. Bismut. Hé bien , la Tempesta a éclaté sur Salinelles comme un moment de pur bonheur qui hélas passe aussi vite qu'une étoile filante dans le ciel de cet été languissant. Autour de la chapelle les derniers rayons du soleil n'en finissent pas de mûrir les grappes de raisin des vignes envahissantes, lourdes de promesses. Le vin sera bon cet année !

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par Daniel publié dans : les concerts de 2007
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Jeudi 23 août 2007
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Samedi 18 août, dans le cadre du festival, nous avons renoué avec une ancienne tradition : fêter la St Julien et par là mettre en valeur le cadre magnifique de la chapelle romane de Salinelles.
Tout a commencé par une conférence  à 16h30 menée de main de maître par un conférencier de conviction : Jacques Lévy. Directeur de l'Automne Musical de Nîmes, professeur d'anglais, il en maitrise aussi bien la langue que la culture  . Avec 60 personnes environ qui ont répondu à notre invitation, on peut dire que c'est un beau score. Inattendu, car le sujet n'était pas des plus attractifs : "Le luth dans l'Angleterre élisabéthaine". Jacques Lévy a su s'adapter à son auditoire et grâce à de nombreux extraits musicaux habilement choisis, il a su capter l'attention de tout le monde sans aucun temps mort. A la fin, un échange avec les participants a démontré combien ce sujet méritait d'être mieux connu. Les différents morceaux offerts à notre écoute ont été bien choisis. Merci à Jacques Lévy de nous avoir donné l'envie de découvrir ce répertoire. 

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Le cadre de la chapelle se prête bien à ce genre d'initiative.  Il favorise l'attention du public et facilite les échanges. Ce lieu convient bien au dialogue et serait même idéal pour peu qu'il soit équipé d'un bon système d'amplification pour que la voix du conférencier soit entendue sans qu'elle résonne.  L'écoute musicale d'extraits de cd sur une chaîne stéréo est tout à fait satisfaisante et le cadre de la chapelle pourrait servir  à des séances de découverte ou d'initiation à des oeuvres du répertoire. Idée à retenir et à étudier donc.


Après la conférence, le temps pour les dames de la paroisse de s'empresser à installer un autel avec les objets du culte et voilà la chapelle revenue à ses sources, retrouvant sa vocation d'origine, ce pour quoi elle a été construite; la voilà à nouveau prête à accueillir les fidèles, le prêtre et des religieux pour la célébration de la messe. Par chance, l'orgue installé pour le dernier concert est toujours-là et va servir à accompagner prières et chants de l'office. Sa présence renforce le sentiment religieux, rend palpable en quelque sorte la dimension sacrée de ce lieu qui le demeure malgré le temps et ses aléas.

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Une soliste, membre de l'Ensemble vocal de Montpellier, Marie- Pierre Deviché, interprète avec conviction et émotion  un extrait du Magnificat de Bach,  le  Panis Angelicus et à la fin  l'Ave Maria  de Schubert.

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Après ce moment d'intense émotion, tout le monde se retrouve autour du verre de l'amitié, puis ceux qui le souhaitent, viennent avec notre équipe au restaurant du château de Salinelles, le Maeva, pour un repas  décontracté et amical. Pour une fois, ce sont surtout les dames  du groupe de bénévoles qui apprécient : elles restent assises et n'ont pas à s'occuper des invités comme elles le font après chaque concert.


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Voilà, tout s'est bien passé,  tout le monde était content et  a souhaité que cette fête soit à nouveau reconduite l'année prochaine.
Voilà une tradition retrouvée qui ne demande qu'à revivre.

Un épisode de plus à mettre à l'actif de la chapelle qui a connu tant d'aventures et d'événements, bons ou moins bons, parfois même franchement mauvais, depuis le temps où une habitation gallo-romaine occupait les lieux avant la construction d'une première chapelle , bien avant la construction de l'actuelle dont la partie la plus ancienne remonte au XIème siècle. 
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par Daniel publié dans : à propos du festival
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Lundi 20 août 2007
chapelle-salinelles0001.JPG

St Julien de Brioude est fêté le 28 août. Mais ce jour-là, St Augustin lui vole la vedette. C'est pour une autre raison, liée à l'organisation de la répartition des offices dans les différentes paroisses dont on a la charge le prêtre de Sommières, que la St julien a été fêté le samedi 18 août dans la chapelle de Salinelles dont St Julien est le patron.

Datant du XIème siècle, elle était abandonnée, en ruine, menacée de disparition. Elle a été restaurée et sauvegardée à partir de 1968 gràce à la volonté et à la clairvoyance d'une poignée d'habitants, dont le maire d'alors. 

Voici un extrait de la brochure publiée en 1972 par l'association créée pour la sauvegarde de la chapelle:
 
CHEF D'OEUVRE EN PERIL
Que se propose d'accomplir l'association pour la sauvegarde de la chapelle de St. julien de Montredon ?
 
"A la page 88 (de son 'ouvrage « Chefs d'oeuvre en péril », Pierre de Lagarde note : « Salinelles — sans altérations, admirablement conservée, une église romane commence à se dégrader ». Il s'agit naturellement de la chapelle de St. Julien de Montredon, sur l'état de laquelle l'animateur bien connu du mouvement pour la sauvegarde de notre patrimoine archi­tectural est malheureusement trop optimiste. La chapelle est conservée, certes, mais en grand péril : désaffectée depuis 1850, comme on l'a lu ailleurs, laissée à l'abandon et ouverte aux quatre vents du ciel. Des affaissements de fondations ou des surcharges de voûtes ont provoqué un déversement accentué du mur Nord, qui à son tour a ouvert de profondes lézardes. Elle a besoin d'un ensemble de soins et de travaux experts et minutieux, destinés d'abord à l'étayer et à arrêter l'inclinaison d'une paroi, ensuite à la remettre en état convenable et décent.
L'Association s'est constituée en 1967, en vue de regrouper toutes les bonnes volontés, qui se proposaient de parvenir à ces objectifs. Le siège en est fixé à la Mairie de Salinelles...
Deux tâches s'offraient au départ aux activités de l'Association :
    - dresser le bilan des travaux à entreprendre et programmer leur exécution ;
- rassembler les moyens de financement, nécessaires à l'exécution par tranches de ces travaux.
L'édifice étant classé à l'inventaire supplémentaire des monuments de France, contact fut pris avec le Conservateur régional des monuments de France, Mr. Gally, et avec l'architecte départemental, Mr. Souchon, en vue d'établir diagnostic et bilan. Un programme de travaux de consolidation et de remise en état a été ensuite dressé par ces autorités, dont la première tranche est en cours d'exécution par une entreprise locale : dépose de la couverture de la nef et renforcement de la paroi nord de l'édifice, dont les fondations se sont affaissées. La toiture a donc été découverte, débarrassée des gravats et de la terre qui s'y étaient accumulés, ainsi que les tuiles brisées . puis une nouvelle couverture a été posée, qui réutilise au maximum les tuiles anciennes en bon état. Les fonda­tions seront ensuite dégagées en vue d'injection de ciment, et des croisil­lons seront placés dans l'intérieur du clocher.
Cette première tranche de travaux suffira à absorber les fonds, rassemblés jusqu'à aujourd'hui par l'Association, et qui provenaient de :
la vente de cartes de membres de l'Association ;
dons de particuliers ;
et, dans l'essentiel, du bénéfice des trois soirées musicales, données au profit de l'Association, dans la cour d'honneur du château de Villevieille, gracieusement mise, par ses propriétaires le Comte et la Comtesse de David Beauregard, à notre disposition pour des concerts organisés les 22, 26 et 29 août 1970 par la Société Erato.
Une deuxième série de concerts a lieu en 1971 dans le même cadre, avec lu participation d'interprètes réputés : Jean-Pierre Rampal et Raymond Veyron-Lacroix, l'orchestre Jean-François Paillard.
Il n'est pas excessif de penser cependant, que l'exécution totale du programme de restauration demandera des moyens supplémentaires (60 à 70.000 Frs). C'est pourquoi l'Association recherche dans toutes les directions, et par les procédés les plus divers, les moyens à recueillir.
Si vous êtes intéressé à quelque titre à sauver de la lassitude des siècles et de la fureur des hommes un petit édifice rustique mais vénérable, admirablement inscrit dans le paysage et dont la ruine serait à la fois déplorable et scandaleuse, participez à notre campagne en vue de conserver St. Julien de Montredon, aidez-nous."


Ainsi le festival de Villevieille est né en 1970. Les premiers concerts ont permis de réunir l'argent nécessaire à la restauration de la toiture. Mais il faudra bien plus encore pour consolider, reconstruire et mettre en valeur la totalité de l'édifice. Les travaux vont durer jusqu'en 1992.


Extrait de la notice historique sur la chapelle
par Xavier Renard

"l'accès de l'église étant devenu dangereux une ordonnance épiscopale l'interdit au culte en 1872.

Le chemin vers la ruine commence. Toiture brisée, vitraux disparus, porte enlevée. Le lierre monte aux murs. L'église devient un abri pour les troupeaux et les chasseurs. Les dégradations diverses s'accumulent. Toutes les fissures qui avaient été comblées se rouvrent. Saint Julien va mourir.

Heureusement une réunion de bonnes volontés va concourir à la résurrection du sanctuaire. L'église est signalée en 1967 par Pierre de La Garde dans son 'Guide des Chefs d'Oeuvre en Péril'.

La municipalité fait poser des tirants N/S pour éviter un effondrement et fait murer l'entrée pour arrêter de nouvelles dégradations.

En 1968 est fondée 'l'Association  pour la Sauvegarde de la Chapelle de St Julien"

L'église sera classée Monument Historique en 1973.

On ne peut ici raconter dans le détail ce que fut l'aventure du sauvetage de cette église qui demanda plus de vingt ans d'efforts.  Relevons seulement les étapes les plus spectaculaires :

- L’Architecte en Chef des Monuments Historiques, Monsieur Pochette, conçut un projet audacieux consistant à entourer la chapelle d'une ceinture de béton armé. Mais auparavant les craintes d'effondrement imminent obligèrent à étayer le mur Nord.

- Vint ensuite la question de la petite église. Fallait-il la reconstruire ? Il ne s'agissait plus en effet de restaurer mais de remonter entièrement une voûte dont ne subsistaient que des témoins.

- Le problème du coût, qui a obligé l'Association à tant de démarches et d'ingéniosité, fut levé en partie grâce au concours de l'antenne Toulousaine de la Fédération Compagnonique des Métiers du Bâtiment et des Travaux Publics. Renouant avec l'antique tradition des Compagnons qui allaient de chantier en chantier, St Julien devint un Chantier-école de Formation Professionnelle pour de modernes Apprentis Compagnons qui vinrent y faire leur apprentissage de la taille de la pierre et s'initier à l'Art Roman.

L'électrification terminée en 1992 a fait également l'objet d'un nouveau chantier-école. Ces deux opérations ont eu un double but : participer à la restauration de St Julien et permettre une insertion professionnelle. Nous sommes toujours dans la tradition de l'église, édifice spirituel au service des hommes !"

Le lieu est désormais à vocation culturelle. Concerts et expositions se succèdent. Géré par une association de sauvegarde, il n’est plus affecté au culte, sauf exceptionnellement, notamment pour cette commémoration à laquelle les salinellois en particulier et toutes les personnes attachées à ce site et au festival sont venus nombreux. 

à suivre...
par Daniel publié dans : Chapelle St Julien : histoire
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Dimanche 19 août 2007
Quatuor-Syntonia.jpg
Le festival se poursuit. Dimanche 26 août à 18 heures, 9ème concert à St Julien de Salinelles.

Dimanche 26 août – 18h 
Salinelles - Chapelle St Julien 
 
Ensemble Syntonia , quatuor à cordes
 
Thibault Noally, Marc Vieillefon, violons
Anne-Aurore Anstett, alto, Patrick Langot, violoncelle 
 
Schubert, Quattersatz - Mozart, K.465 les dissonances –Schubert Rosamunde
 
 
On ne saurait rêver plus beau programme pour cet avant-dernier concert du festival. En effet ce sont des oeuvres fortes de Mozart et Schubert qui nous seront proposées ce dimanche 26 août à 18h dans la chapelle de Salinelles, tout près de Sommières. Ces pages célèbres sont de véritables monuments à la gloire du quatuor à cordes que l’on ne se lasse pas de revisiter. Une chance aussi de les découvrir et de s’initier à leur rencontre dans un lieu envoutant.
L’Ensemble Syntonia est invité pour la première fois, mais il a déjà un nom. Il a obtenu le prix « Tina Moroni » au XXIIIème Concours International de Musique de Chambre de Florence. « L’Ensemble Syntonia fait preuve d’un engagement de tous les instants, signe de reconnaissance entre tous de l’enthousiasme de la jeunesse. Ces jeunes talents bien reconnus réussissent leur grande percée internationale. »
Le Monde de la Musique a donné 4 étoiles à leur dernier cd consacré à Schumann et Franck.
C’est en 1999 que les membres de l’Ensemble Syntonia se rassemblent autour de leur passion commune pour la musique de chambre, Après leurs études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (1er Prix de musique de chambre puis cycle de perfectionnement en quintette avec piano chez Christian Ivaldi, Ami Flammer et Alain Meunier), les cinq amis décident d’ouvrir leur espace musical, ils explorent ainsi le répertoire du trio, du quatuor (avec ou sans piano) et invitent régulièrement musiciens ou chanteurs à se joindre au groupe.

Cette riche mixité des répertoires et des rencontres affirme Syntonia dans son identité d’ensemble à géométrie variable. Concerts et enregistrements reflètent ainsi la volonté des interprètes d’explorer les différentes facettes de la musique de chambre des compositeurs abordés.

Syntonia a déjà à son actif une présence notoire dans de nombreux festivals : Festival de la Medina à Tunis, Festival de Deauville, Festival des Nouveaux Interprètes à Rouen, du Périgord Noir de la Roque d’Anthéron, Rencontres Musicales de la Prée. L’ensemble joue dans des salles prestigieuses comme le Théâtre des Bouffes du Nord, la Cité de la Musique, l’Auditorium St Pierre à Toulouse. Ils sont régulièrement invités lors d’émissions de radio et tournent plusieurs films musicaux pour la Cinquième, Mezzo.

L’ensemble interprète en mai 2004 le quatuor à cordes « Ainsi la nuit… » de Henri Dutilleux lors du Festival Musikalia, et a pu à cette occasion bénéficier des conseils du compositeur.

En 2002 leur enregistrement consacré à Olivier Greif a obtenu
10 de "Classica - Répertoire",
5  de "Diapason",
4 étoiles du "Monde de la Musique"

En 2006 leur enregistrement des Quintettes avec piano de Schumann et Franck a obtenu les 4 étoiles du "Monde de la Musique". 
 
 
 
LE MONDE DE LA MUSIQUE 
****Robert SCHUMANN :
Quintette avec piano en mi bémol majeur op.44César FRANCK :
Quintette avec  piano en fa mineur

Vaillamment défendue par l'Ensemble Syntonia, l'association des quintettes avec piano de Schumann et de Franck valorise l'élan, ou plutôt les tensions.
A l'évidence, les cinq chambristes ont délaissé la doxa traditionnelle concernant cette oeuvre, avec son pathos appuyé et son aspect "concerto sans le dire".
Au contraire, ils ont recherché la circulation des énergies et laissé à la densité de l'écriture la responsabilité de guider l'expressivité.
L'oeuvre palpite, revigorée.
Dans le quintette de Franck, Syntonia montre de nouveau une approche débarrassée de préjugés et se moque que cette oeuvre ait été le premier quintette avec piano jamais composé en France.
De cette oeuvre, il allège le sérieux qui lui colle à la peau, en valorise les couleurs et justifie l'instrumentation registrée, au sens organistique du terme,
La Chanson perpétuelle de Chausson n'est pas loin, preuve, s'il en était besoin, que ce jeune ensemble sait ce que poésie veut dire.                                                                                                                                                                    Frank LANGLOIS 
 
par Daniel publié dans : les concerts de 2007
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Samedi 18 août 2007
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Giovanni Bellucci à la fin du récital, un marathon de 3 heures de piano dont il sort vainqueur, heureux, détendu après nous avoir entrainé à sa suite vers les sommets du pianio de Liszt. Merci et bravo à ce grand artiste qui venant pour la première fois à Villevieille a su attirer et enthousiasmer le public avec autant de conviction. Encore une soirée légendaire qui contribue à entreteni la notoriété sinon la légende de Villevieille.

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Vendredi 17 août 2007
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Oui, on peut parler d'une ouverture en fanfare pour ce premier concert du festival.  Tous les ingrédients du succès sont réunis : la clémence du temps, le public - le concert affichait complet  -  un programme étalé sur 3 parties de 1 heure chacune,  construit autour de Liszt et surtout un interprète particulièrement inspiré et généreux. Nous voilà entrainés et immergés une bonne partie de la nuit dans l'univers lisztien, même si le concert commence avec la sonate dite "les Adieux" de Beethoven, à 20 heures, quand il fait encore jour. En fait il s'agissait d'introduire le premier grand plat de résistance, à savoir la transcription de Liszt pour piano de la 5ème symphonie de Beethoven. L'oeuvre prend ici une toute autre dimension sans rien perdre de sa force. Beethoven était un grand pianiste, il a composé des chefs d'oeuvre pour cet instrument et la transcription de Liszt nous révèle une face inconnue du génie beethovénien. Bellucci se donne à fond dans cette aventure, il s'investit totalement, corps et âme et nous entraine dans son univers magique. 

Voilà déjà le premier entracte. Place au repas dans la première cour d'entrée du château. Le public est déjà conquis, l'ambiance est détendue, sereine. Giovanni Bellucci reste seul dans sa loge. Il trouve le temps long et craind de se déconcentrer, de descendre de sa montagne sacrée. Retour du public dans la cour d'Honneur. Deuxième concert. Moment magique à nouveau avec la transcription du prélude et mort d'Isolde de Wagner. On sait que Wagner était le gendre de Liszt. Il a épousé sa fille Cosima qui régnera sur l'empire de Bayreuth bien des années après la mort du Maître. Liszt est mort à Bayreuth un 31 juillet. Giovanni me fait remarquer que nous sommes le 1er août, qu'il est heureux que ce concert soit presque celui de cet anniversaire. Giovanni bellucci sait faire passer cette émotion intense quand les premières notes du prélude s'élèvent dans la nuit qui est maintenant tombée sur Villevieille. Puis c'est l'immense feu d'artifice de la célèbre sonate en si avec ses grands moments d'intériorité méditative. Bellucci déploye ici tout son art. Il nous ouvre grand les portes de cet univers, et nous propulse avec lui au sommet du romantisme. Nous sommes ni dans faust ni dans Marguerite, mais dans l'intimité purement méditative de ce que Liszt a composé de plus sublime.

Après un entracte écourté à la demande de Giovanni qui a besoin de rester concentré, nous voilà repartis avec les paraphrases de Verdi et puis les danses hongroises. Du pur plaisir, qui vient comme un grand bol d'air pur après les moments intenses vécus juste avant. bien sûr à la fin ovation triomphale du public. Standing ovation, la salle debout, du jamais vu à Villevieille, encore deux bis et puis c'est la fin de ce long voyage au bout de la nuit. Mais il faut déjà libérer les lieux, enlever les chaises pour faire passer le camion remportant le piano. Il est presque 3 heures du matin quand je rentre chez moi. Exténué oui, mais les oreilles pleines de cette musique. Liszt était bien présent ce soir-là dans la cour de Villevieille, 121 ans après le lendemain de sa mort.


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Mardi 14 août 2007
Voici le détail du programme du concert:

Salinelles - chapelle St Julien

mercredi 15 août 2007  – 18h

Ensemble La Tempesta

Patrick Bismuth direction et violon

Hélène Dufour, clavecin, orgue,

David Simpson, violoncelle



Johann Rosenmüller (1617-1684) : sonata terza en ré mineur

Dietrich Buxtehude (1637-1707 ) : preludium en sol mineur pour clavecin seul

Heinrich Franz Ignaz von Biber (1644-1709)  :Sonate du Rosaire n°4 : La Présentation au temple

Dietrich Buxtehude : sonata terza

Heinrich Franz Ignaz von Biber :Sonate du Rosaire n°9 : Le chemin de croix

___

Heinrich Franz Ignaz von Biber :Sonate du Rosaire n°1 : L’Annonciation

Heinrich Franz Ignaz von Biber :Sonate du Rosaire n°10 : La crucifixion

Heinrich Franz Ignaz von Biber :Sonate du Rosaire n°14 : L’Assomption

Heinrich Franz Ignaz von Biber :Final des Sonates du Rosaire : L’Ange gardien, pour violon solo


renseignements, réservations :  office tourisme Sommières  04 66 80 99 30


ACCES :

La chapelle de Salinelles est à 5 km de Sommières.  Accès par autoroute : venant de Montpellier ou de Nîmes, sortir  à Lunel et prendre la direction Sommières. Salinelles est fléché à partir de Sommières.

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Le blog en bref :

Programme 2008

Cliquer ici pour accéder directement au programme des concerts du festival 2008

infos pratiques

Location et renseignements : Office de tourisme de Sommières 
04 66 80 99 30

Direction artistique :
1, Grd Rue 34160 Beaulieu
daferrier@wanadoo.fr

Accès Villevieille et salinelles :


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