St Julien de Brioude est fêté le 28 août. Mais ce jour-là, St Augustin lui vole la vedette. C'est pour une autre raison, liée à l'organisation de
la répartition des offices dans les différentes paroisses dont on a la charge le prêtre de Sommières, que la St julien a été fêté le samedi 18 août dans la chapelle de Salinelles dont St
Julien est le patron.
Datant du XIème siècle, elle était abandonnée, en ruine, menacée de disparition. Elle a été restaurée et sauvegardée à partir de 1968 gràce à la volonté et à la clairvoyance d'une poignée
d'habitants, dont le maire d'alors.
Voici un extrait de la brochure publiée en 1972 par l'association créée pour la sauvegarde de la chapelle:
CHEF D'OEUVRE EN PERIL
Que se propose d'accomplir l'association pour la sauvegarde de la chapelle de St. julien de Montredon ?
"A la page 88 (de son 'ouvrage « Chefs d'oeuvre en péril », Pierre de Lagarde note : « Salinelles — sans
altérations, admirablement conservée, une église romane commence à se dégrader ». Il s'agit naturellement de la chapelle de St. Julien de Montredon, sur l'état de laquelle l'animateur bien connu
du mouvement pour la sauvegarde de notre patrimoine architectural est malheureusement trop optimiste. La chapelle est conservée, certes, mais en grand péril : désaffectée depuis 1850, comme on
l'a lu ailleurs, laissée à l'abandon et ouverte aux quatre vents du ciel. Des affaissements de fondations ou des surcharges de voûtes ont provoqué un déversement accentué du mur Nord, qui à son
tour a ouvert de profondes lézardes. Elle a besoin d'un ensemble de soins et de travaux experts et minutieux, destinés d'abord à l'étayer et à arrêter l'inclinaison d'une paroi, ensuite à la
remettre en état convenable et décent.
L'Association s'est constituée en 1967, en vue de regrouper toutes les bonnes volontés, qui se proposaient de
parvenir à ces objectifs. Le siège en est fixé à la Mairie de Salinelles...
Deux tâches s'offraient au départ aux activités de l'Association :
- dresser le bilan des travaux à entreprendre et programmer leur exécution
;
- rassembler les moyens de financement, nécessaires à l'exécution par tranches de ces
travaux.
L'édifice étant classé à l'inventaire supplémentaire des monuments de France, contact fut pris avec le Conservateur
régional des monuments de France, Mr. Gally, et avec l'architecte départemental, Mr. Souchon, en vue d'établir diagnostic et bilan. Un programme de travaux de consolidation et de remise en état a
été ensuite dressé par ces autorités, dont la première tranche est en cours d'exécution par une entreprise locale : dépose de la couverture de la nef et renforcement de la paroi nord de
l'édifice, dont les fondations se sont affaissées. La toiture a donc été découverte, débarrassée des gravats et de la terre qui s'y étaient accumulés, ainsi que les tuiles brisées . puis une
nouvelle couverture a été posée, qui réutilise au maximum les tuiles anciennes en bon état. Les fondations seront ensuite dégagées en vue d'injection de ciment, et des croisillons seront placés
dans l'intérieur du clocher.
Cette première tranche de travaux suffira à absorber les fonds, rassemblés jusqu'à aujourd'hui par l'Association, et qui
provenaient de :
la vente de cartes de membres de l'Association ;
dons de particuliers ;
et, dans l'essentiel, du bénéfice des trois soirées musicales, données au profit de l'Association, dans la cour d'honneur
du château de Villevieille, gracieusement mise, par ses propriétaires le Comte et la Comtesse de David Beauregard, à notre disposition pour des concerts organisés les 22, 26 et 29 août 1970 par
la Société Erato.
Une deuxième série de concerts a lieu en 1971 dans le même cadre, avec lu participation d'interprètes réputés : Jean-Pierre
Rampal et Raymond Veyron-Lacroix, l'orchestre Jean-François Paillard.
Il n'est pas excessif de penser cependant, que l'exécution totale du programme de restauration demandera des moyens
supplémentaires (60 à 70.000 Frs). C'est pourquoi l'Association recherche dans toutes les directions, et par les procédés les plus divers, les moyens à recueillir.
Si vous êtes intéressé à quelque titre à sauver de la lassitude des siècles et de la fureur des hommes un petit édifice
rustique mais vénérable, admirablement inscrit dans le paysage et dont la ruine serait à la fois déplorable et scandaleuse, participez à notre campagne en vue de conserver St. Julien de
Montredon, aidez-nous."
Ainsi le festival de Villevieille est né en 1970. Les premiers concerts ont permis de réunir l'argent nécessaire à la restauration de la toiture. Mais il faudra bien plus encore pour consolider,
reconstruire et mettre en valeur la totalité de l'édifice. Les travaux vont durer jusqu'en 1992.
Extrait de la notice historique sur la chapelle
par Xavier Renard
"l'accès de l'église étant devenu dangereux une ordonnance épiscopale l'interdit au culte en 1872.
Le chemin vers la ruine commence. Toiture brisée, vitraux disparus, porte enlevée. Le lierre monte aux murs. L'église devient un abri pour les troupeaux et les chasseurs. Les
dégradations diverses s'accumulent. Toutes les fissures qui avaient été comblées se rouvrent. Saint
Julien va mourir.
Heureusement une réunion de bonnes volontés va concourir à la résurrection du sanctuaire. L'église est signalée en 1967 par
Pierre de La Garde dans son 'Guide des Chefs d'Oeuvre en Péril'.
La municipalité fait poser des tirants N/S pour éviter un effondrement et fait murer l'entrée pour arrêter de nouvelles dégradations.
En 1968 est fondée 'l'Association pour la Sauvegarde de la Chapelle de St Julien"
L'église sera classée Monument Historique en 1973.
On ne peut ici raconter dans le détail ce que fut l'aventure du sauvetage de cette église qui demanda plus de vingt ans d'efforts. Relevons
seulement les étapes les plus spectaculaires :
- L’Architecte en Chef des Monuments Historiques, Monsieur Pochette, conçut un projet audacieux consistant à entourer la chapelle
d'une ceinture de béton armé. Mais auparavant les craintes d'effondrement imminent obligèrent à étayer le mur
Nord.
- Vint ensuite la question de la petite église. Fallait-il la reconstruire ? Il ne s'agissait plus en effet de restaurer mais de remonter entièrement une voûte dont ne
subsistaient que des témoins.
- Le problème du coût, qui a obligé l'Association à tant de démarches et d'ingéniosité, fut levé en partie grâce au concours de l'antenne Toulousaine de la Fédération Compagnonique des Métiers du Bâtiment et des Travaux Publics.
Renouant avec l'antique tradition des
Compagnons qui allaient de chantier en chantier, St Julien devint un Chantier-école de Formation Professionnelle pour de modernes Apprentis Compagnons qui vinrent y faire leur apprentissage de la taille de la pierre et s'initier à l'Art Roman.
L'électrification terminée en 1992 a fait également l'objet d'un nouveau chantier-école. Ces deux opérations ont eu un double but : participer à la
restauration de St Julien et permettre une insertion professionnelle. Nous sommes toujours dans la tradition de l'église, édifice spirituel au service des hommes !"
Le lieu est désormais à vocation culturelle. Concerts et expositions se succèdent. Géré par une association de sauvegarde, il n’est plus affecté au culte, sauf exceptionnellement, notamment
pour cette commémoration à laquelle les salinellois en particulier et toutes les personnes attachées à ce site et au festival sont venus nombreux.
à suivre...
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