"Une voix au coeur du sacré". Agnès Mellon et L'Ensemble Barcarole dimanche 21 août à la chapelle St julien
Publié le 22 Août 2009
Dimanche 21 août 2009
Salinelles Chapelle St Julien 18h
« Une voix au cœur du sacré »
Ensemble Barcarole
Agnès MELLON, soprano et direction artistique
Julien LÉONARD, viole de gambe
Brice SAILLY, orgue positif
L’Angleterre
Henry PURCELL (1651-1695)
Œuvres tirées du recueil HARMONIA SACRA
Ground à l‘orgue - An Evening Hymn - Ground (orgue)
How Long, great God? - Chaconne(orgue) - With Sick and Famished eyes
John DOWLAND (1563-1626) : Pavana « Lachrymae » sur un arrangement de W. Byrd
Tobias HUME (1570 ? – 1645) : Pavan en la mineur pour viole seule
Henry PURCELL : The Blessed Virgin’s Expotulation
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L’Italie
Luigi ROSSI (1597-1653): Toccata Settima en ré
Giovanni Felice SANCES (1600-1679): Stabat mater
La France
François COUPERIN (1668 -1733): Première Leçon des Ténèbres.
Trois artistes bien distincts dans leur spécificité qui forment pourtant un ensemble fusionnel. La voix d’Agnès Mellon mêlée au son majestueux de ces deux instruments que sont la viole de gambe et l’orgue nous entraîne dans un univers musical sacré et intime, où la ligne mélodique baroque, parfois virtuose est soucieuse d’illustrer le sens des paroles.
Voilà des œuvres qui habitent un lieu, redonnent vie aux vieilles pierres en évoquant non sans nostalgie le passé imaginaire de la chapelle St Julien, propices en cette heure vespérale à créer des émotions et des sentiments venus des profondeurs de l’âme.
En effet, c’est afin de circonvenir les âmes et d’aviver la foi des fidèles, que la Contre-Réforme recommande de s’appuyer sur les mouvements du cœur et de recourir à la séduction des sens.
Bureau de location : Office de Tourisme de Sommières
04 66 80 99 30
Tarifs : 10 à 20€.
Voix et dévotion dans l’Europe du XVIIème siècle
Quand on parle aujourd’hui de musique religieuse, on pense le plus souvent aux grandes œuvres chorales de Palestrina, de Bach ou de Haendel. Mais il y a aussi une musique sacrée intime, qui, malgré son peu de moyens, n’a rien à leur envier sur le plan de la profondeur expressive. Pur produit du Baroque, elle est issue du principe de la monodie accompagnée développé en Italie à partir des années 1580 : une voix soliste, soutenue par un ou deux instruments qui se chargent du fondement harmonique, déploie une ligne mélodique parfois virtuose et soucieuse d’illustrer le sens des paroles. Au départ prévue pour la musique profane, cette forme s’est rapidement mise au service de la liturgie et les textes religieux les plus divers seront mis en musique à la manière des poèmes amoureux. Afin de circonvenir les âmes et d’aviver la foi des fidèles, la Contre-Réforme recommande, en effet, de s’appuyer sur les mouvements du cœur et de recourir à la séduction des sens.
Après que les Italiens, tel Giovanni Sances, eurent accompli cette importante révolution esthétique, les autres pays d’Europe en suivirent rapidement l’exemple, tout en l’adaptant à leur langue et à leur génie propres. En Angleterre et dans les pays protestants, cette forme intime convenait particulièrement à la piété domestique dont les réformés étaient friands. À cet égard, le recueil collectif intitulé Harmonia sacra et publié à Londres en 1688 est particulièrement remarquable. Il contient des airs sur des sujets dévots, qui ne sont destinés à aucune liturgie particulière, signés par les plus grands maîtres du temps, parmi lesquels John Blow et Henry Purcell. Tant dans sa musique instrumentale que dans ses œuvres vocales, ce dernier est le maître de l’écriture sur une basse obstinée, que les Anglais nommaient ground. Comme on le constate dans son Evening Hymn, Purcell semble puiser dans ce procédé, malgré ou à causes des contraintes qu’il impose, une inspiration toujours renouvelée et une source constante d’expression.
En France, c’est essentiellement pendant les offices qu’on entendait la musique sacrée, qu’elle soit chorale ou réservée seulement à quelques voix. Sur le texte des Lamentations du prophète Jérémie, les Leçons de Ténèbres que composent de nombreux musiciens entre 1660 et 1730 environ servent à la dévotion des congrégations religieuses et elles sont offertes au grand public durant le service de l’après-midi des jours saints. Le tout-Paris accoure à ces concerts sacrés, d’autant que s’y produisent parfois les plus grandes voix de l’Opéra. Les Leçons de Ténèbres de François Couperin marquent le sommet de sa musique sacrée. Comme dit Roland de Candé, « la beauté irréelle de ces chefs d’œuvre intimistes leur vaut une popularité à laquelle la relative austérité du propos ne les prédisposait pas. »
On le voit, le XVIIe siècle n’est pas rempli que de bruits de guerre et de gloire monarchique. Il a permis également le développement d’une haute spiritualité. Profitant de la théâtralité et du pathétique typiques du Baroque, ses manifestations musicales les plus intimes n’en sont pas le moindre témoignage.
François Filiatrault
Les « carrières » de la soprano Agnès MELLON
En 2005, les critiques parlent tellement du « retour d’Agnès Mellon », ou des « retrouvailles émouvantes » qu’on peut presque parler d’une deuxième carrière, bien que de son point vue, elle est là depuis toujours, fidèle à la musique qu’elle aime.
Mais prêtons-nous donc un peu à ce petit jeu !
La « première » carrière d’Agnès Mellon a été surtout concentrée autour des Arts Florissants de William Christie et de la Chapelle Royale de Philippe Herreweghe. Beaucoup d’enregistrements témoignent de cette longue période où elle a pu chanter dans de petites chapelles , mais aussi dans de belles salles à Londres, New York, San Francisco,Tokyo, Amsterdam et bien sûr, Paris. Les Gardiner, Malgoire, Koopman, Leonhardt, Kuijken, Jacobs … tiennent alors la baguette. Bref, pour la jeune violoniste qu’elle était, c’était tout un changement de décor que d’être propulsé dans une carrière internationale de « baroqueuse » professionnelle !
Puis, il y a eu la découverte de cette passion pour l’enseignement par le biais de nombreux Masterclass, dont ceux de l’Académie de musique française de Kyoto . Elle va donc décrocher le diplôme nécessaire, le CA, après s’être formée sur les bancs du CNSM de Paris. La voilà donc prof!
Parallèlement, elle fonde son propre ensemble de musique baroque, ce qui lui permet de présenter les œuvres qu’elle choisit, et de garder un contact avec la musique de chambre qu’elle affectionne particulièrement. Barcarole (c’est le nom de son ensemble ) vient juste de lancer son premier enregistrement « Les déesses outragées » avec Alpha Productions. L’accueil est chaleureux de (presque) toute la presse !
Outre la musique baroque, Agnès se passionne aussi pour le récital. Elle a la chance d’être accompagnée par sa « Rolls » préférée, Christian Ivaldi.
Avec François Kerdoncuff (pianiste de talent lui aussi), elle a créé un événement atypique, à mi-chemin entre le récital et le spectacle, qui s’intitule « Esquisses de la vie d’une femme ». La mise en espace est de Mireille Larroche.
Vous voulez tout savoir ?
Eh bien, Agnès Mellon se penche depuis plusieurs années sur un autre aspect passionnant de la «carrière» : le contact avec le jeune public . Pour les enfants, elle vient de créer, en collaboration avec la metteur en scène Mireille Larroche et le pianiste François Kerdoncuff, un spectacle - lyrique : "Chante-moi une histoire" qui leur est spécialement dédié !
Au cours de l’année 2005 , elle a aussi créé un concept nouveau de concert-animation où elle communique avec les enfants : « Le voyage de Pablo Fado » qui retrace le parcours musical d’un musicien itinérant ( voyage épique !) dans l’Europe baroque, et « La légende d’Orphée », commande de l’opéra de Lille pour la préparation des jeunes enfants à l’opéra.


Julien léonard
Texte des oeuvres chantées:
Now that the sun hath veil’d his light Maintenant que le soleil a voilé sa lumière
And bid the world goodnignt, Et souhaité au monde une bonne nuit
To the soft bed, Au doux lit je dispose mon corps,
My body I dispose, Mais où, oh où, mon âme reposera-t’elle ?
But where shall my soul repose ? Dans tes bras, mon Dieu ?
Dear God, eve, in Thy arms, Et nulle part
And can there be any so sweet security ! Ne trouvera -t’elle plus douce sécurité !
Then to thy rest, O my soul ! Va donc à ton repos, ô mon âme
And singing, praise the mercy Et chantant, loue la miséricorde
That prolongs thy days. Qui prolonge tes jours.
Halleluyah . Alléluia.
How long, great God, Combien de temps, Seigneur
How long must I, Devrais-je donc,
Immur’d in this dork Prison lye ? Demeurer captif entre les murs de cette prison?
Where at the Grates, and Avenues of Sence, Où barreaux et avenues de sens
My Soul must watch to have intelligence ; Mettent mon âme au défi de préserver son intelligence
Where but saint Gleams of thee salute my Sight, Où seules quelques faibles lueurs me rappellent ta présence
Like doubtful Moonshine in a clooudy Night. Tels d’hésitants rayons de lune dans un ciel couvert
When shall I leave this Magick Sphere, Quand pourrais-je apercevoir la sphère magique,
And be all Mind, all Eye, all Ear ? Et être tout cœur, tout œil, toute ouïe ?
How cold this Clime ! Quel froid climat!
And yet my Sense perceives ev’n here thy influence; Cependant je sens tout de même ton influence
Ev’n here thy strong Magnetick Charms, I feel, Tout de même ton charme magnétique me transperce
And pant, and tremble, Me coupe le souffle, me fait trembler
Like the amorous Steel : Tel un objet aimanté
To lower good, and Beauties not Divine, Vers de basses aspirations, vers des beautés mortelles
Sometimes my erroneaous Needle does decline ; Parfois mon cœur maladroit est attiré
But yet so strong the Symathy, Mais en dépit de ces tangibles attraits
It turns, and points agon to thee. Je me détourne toujours et toujours te reviens.
I long to see this Excellence Je me languis de voir cette perfection
Which as such distance strickes my Sense ; Dont de si loin pourtant je ressens la présence
My impatient Soul struggles to disengage her wings Mon âme impatiente ne souhaite que libérer ses ailes
From the confinement of her Cage. Des lourds barreaux de sa cage.
Would’st thou, great Love, this Pris’ner once set free, Vois-tu, amour divin, comme cette prisonnière une fois libérée
How would she hasten to be link’d to thee ? Se languira de se trouver auprès de toi?
She’d for no angels conduct stay Aucun ange ne saurait détourner de ce dessein
But fly, and Love, on all the way. Elle volera, et aimera, jusqu’à ce qu’elle t’ait trouvé.
Henry Purcell With sick and famish’d eyes
With sick and famish’d Eyes, Avec des yeux malades et affamés
With doubling Knees Avec des genoux chancelants
And weary Bones, Et des os fatigués
To thee my Cries, Vers toi, mes cris de détresse
To thee my Groans, Mes gémissements,
To thee mu Sighs, Mes soupirs
My tears ascend, no end ; Mes larmes, coulent sans fin.
My throat, my soul is hoarse, Ma gorge est enrouée, mon âme
My heart is wither’d like a Ground Mon cœur sont desséchés.
Which thou dost curse : Comme un sol que tu aurais maudit.
My thoughts turnd round, Mes pensées tournent dans ma tête
And make me giddy, Et me rendent lourd
Lord, Lord ! I fall ! Seigneur, je tombe ! je tombe !
Yet call ; Et cependant, j’appelle …
Bowels of Pity, hear ! Entrailles de miséricorde , écoute-moi
Lord of my soul, Dieu de mon âme
Love of my mind, Dieu de mon esprit
Bow down thine Ear ; Abaisse ton oreille vers moi
Let not the winds scater my words, Permets que les vents
n’éparpillent pas mes mots
And in the same, Thy Name. Et de la même façon, ton nom.
Look on my Sorrows round, Regarde mes peines
Mark well mu Furnace, Marque bien mon brasier ,
Oh what Flames ! oh, quelles flammes
What Heats abound ! Quelle abondante chaleur !
What griefs ! what Shames ! Quel désespoir ! Quelle honte !
Consider, Lord ! Regarde, Seigneur !
Lord, bow thine Ear and hear. Incline-toi et écoute .
Lord Jesu, thou dist bow thy dying Seigneur Jésus, tu as penché ta tête mourante
Head upon the tree, Sur l’arbre de la croix
Oh, be not now more dead to me ! Oh ! ne sois pas mort pour moi maintenant
Lord ! hear ! Seigneur, écoute !
Shall he that made the Ear, not hear ? Celui qui a créé l’oreille est-il sourd ?
Behold, thy Dust doth stir, Contemple, ta poussière
It moves, Qui bouge
It creeps to thee, Et rampe jusqu’à toi
Do not deser to succour me, Ne crains pas de sauver
Thy pile of Dust ce tas de poussière
Where in each Crumb, says, Alors que chaque parcelle de moi dit :
Come my love, My sweetness, hear Viens mon amour, ma douceur,
By these my feet Ecoute à tes pieds
At which my heart lyes all the year ; Mon cœur qui se tient là toujours;
Pluck out thy Dart, Arrache ce dard,
And heal my troubled breast, Guéris mon cœur bouleversé,
Which cryes, which dies . Qui pleure et qui meurt.
Tell me, tell me, some, some Pitying Angel, Dis-moi, Ange plein de pitié
tell me quickly, quickly, quickly say, dis-moi bien vite
Where, where does my Soul’s sweet Darling Stay, où se trouve mon enfant chéri,
in Tygers, or more cruel, more cruel, parmi les tigres ou auprès d’Hérode,
cruel Herod’s way ? plus cruel qu’un fauve?
Ah!Ah! rather, rather let his little, little Footsteps Ah! que ses pas légers
press unregarded through the Wilderness, le conduisent plutôt dans le désert
where milder, milder Salveges resort. où vivent des sauvages plus cléments.
The Desart’s safer, Le désert est plus sûr
the Desart’s safer than a Tyrant’s Court. que la cour d’un tyran.
Why, why fairest Object of my Love, Doux objet de mon amour,
Why, why dost thou from my longing Eyes pourquoi t’es-tu éloigné de mes yeux?
remove ? L’annonce
was it, was it a Waking Dream, de ta merveilleuse naissance
that did foretell thy Wondrous Birth, ne fut-elle qu’un rêve éveillé ?
thy Wondrous, Wondrous, Wondrous Birth?
No Vision, no, no Point de vision, non, non,
Vision from above? une vision céleste ?
Where’s Gabriel, where’s Gabriel now, Où est Gabriel, où est Gabriel à présent,
that visited my Cell? qui me rendit visite dans ma cellule?
I call, I call, J’appelle,
I call Gabriel! Gabriel! Gabriel! j’appelle Gabriel !
he comes not : il ne vient pas :
Where’ s Gabriel now? où est Gabriel à présent
that visited my Cell? qui me rendit visite dans ma cellule?
I call, I call, I call Gabriel ! J’appelle Gabriel !
Gabriel ! Gabriel ! Gabriel ! Gabriel ! Gabriel ! Gabriel !
he comes not; il ne vient pas;
flatt’ring, flatt’ring, flatt’ring Hopes, espoirs flatteurs,
farewel, farewel, farewel, adieu,
flatt’ring Hopes, farewell. adieu, espoirs flatteurs.
Me Judah’s Daughters once Caress’d, Les filles de Judah autrefois m’ont embrassée,
Call’d me of Mothers, elles dirent qu’entre toutes les mères,
the most, the most, the most Bless’d; j’étais bénie.
Now fatal Change, now fatal Change À présent, fatal revirement,
of Mothers, of Mothers most, entre toutes les mères,
most Distress’d, of Mothers most, most Distress’d. je suis la plus affligée.
How, how shall my Soul its Motions guide? Tant de mouvements agitent mon âme!
How, how, how how shall I stem, Comment contiendrai-je ces flux si divers
how shall I stem the various, various Tide quand la foi et le doute s’emparent tour à tour
whilst Faith and Doubt my Lab’ring Soul divide? de mon âme douloureuse ?
For whilst of thy dear, Car j’ai foi en Dieu tant que l’espoir de te voir
dear Sight beguil’d, I trust the God, me soutient,
but Oh! I fear, but Oh! Oh! I fear the Child. mais oh! je crains pour l’enfant.
Giovanni Felice SANCES : Stabat Mater ( texte de Jacapone da Todi, 1230-1306)
Stabat Mater dolorosa Debout, la mère des douleurs
Juxta Crucem lacrimosa, Se dresse, le visage en pleurs,
Dum pendebat filius. Sous la croix où son fils a été pendu
Cujus animam gementem, Et dans sa pauvre âme gémissante,
Contristatem et dolentem, Inconsolable, défaillante,
Pertransivit gladius. Un glaive aigu s’enfonce.
O quam tristis et afflicta Quelles peines, quelle agonie
Fuit illa benedicta Subit cette mère bénie
Mater Unigeniti! Près de son unique enfant!
Quae moerebat, et dolebat, Dans l’agonie la plus amère,
Et tremebat, dum videbat Pieusement, elle considère
Nati poenas incliti Son enfant assassiné.
Quis est homo, qui non fleret, Quel homme ne fondrait en pleurs
Christi Matrem si videret À voir la mère du Seigneur
In tanto supplicio ? Endurer un tel calvaire ?
Quis non posset contristari, Qui n’aurait le cœur abattu
Piam Matrem contemplari Devant la mère de Jésus
Dolentem cum Filio? Souffrant avec son Enfant ?
Pro peccatis suae gentis Pour son pleuple qui a péché
Vidit Jesum in tormentis, Elle voit Jésus torturé
Et flagellis subditum. Et les fouets qui le déchirent.
Vidit suum dulcem natum Elle voit son fils bien-aimé,
Morientem desolatum Seul et de tous abandonné
Dum emisit spiritum. Qui remet son âme à son Père.
Eja Mater, fons amoris, Ô Mère, source d’amour,
Me sentire vim doloris Fais-moi ressentir ta peine amère,
Fac, ut tecum lugeam. Pour que je pleure avec toi.
Fac ut ardeat cor meum Allume en mon cœur le feu
In amando Christum Deum, De l’amour pour le Christ, mon Dieu;
Ut sibi complaceam. Que cet amour lui soit doux !
Sancta Maria, istud agas, Exauce-moi, ô Sainte Mère,
Crucifixi fige plagas Et plante les clous du calvaire
Cordi meo valide. Dans mon cœur, profondément.
Tui nati vulnerati, Pour moi, ton Fils couvert de plaies
Tam dignati pro me pati, A voulu tout endurer,
Poenas mecum divide. Que j’aie une part de ses tourments.
Face me vere tecum flere, Qu’avec toi je pleure d’amour,
Crucifixo condolere, Et que je souffre avec lui sur la croix,
Donec ego vixero. Tant que durera ma vie.
Juxta Crucem tecum stare Je veux au pied de la croix rester,
Te libenter sociare Debout près de toi,
In planctu desidero. Et pleurer ton fils avec toi.
Virgo virginum praeclara, Vierge entre toutes glorieuse,
Mihi jam non sis amara : Pour moi ne sois plus si amère :
Fac me tecum plangere. Mêle mes pleurs aux tiens.
Fac, ut portem Christi mortem, Puissé-je avec le Christ mourir,
Passionis fac consortem, À sa passion compatir,
Et plagas recolere. À sa croix m’appliquer.
Fac me plagis vulnerati Fais que ses blessures me blessent,
Crucem hac inebriari Que je goûte à la croix l’ivresse
Ob amorem Filii. Et le sang de ton Enfant.
Inflammatus et accensus, Pour que j’échappe aux vives flammes,
Per te, Virgo, sim defensus, Prends ma défense, ô Notre Dame,
In die judicii. Au grand jour du jugement.
Fac me cruce custodiri, Fais que je sois gardé par la Croix,
Morte Christi praemuniri, Que je sois protégé par la mort du Christ
Confoveri gratia. Dans le réconfort de la grâce.
Quando corpus morietur, Et quand mon corps sera mort,
Fac, ut animae donetur Fais qu’à mon âme soit ouvert
Paradisi gloria. Le paradis de gloire.
Amen. Amen.
François Couperin Première Leçon de Ténèbres
(Lamentations de Jérémie)
Aleph
Hélas!
Elle est assise, solitaire,
cette ville si peuplée est comme une veuve.
Elle qui comptait parmi les nations
princesse parmi les provinces,
elle est réduite à la servitude.
Beth
Elle pleure, elle pleure dans la nuit,
les larmes couvrent ses joues.
Pas un ne la console
parmi tout ceux qui l’aiment,
tous ses compagnons la trahissent
et deviennent ses ennemis.
Ghimel
Juda est en exil, humilié par l’esclavage.
Elle, elle habite parmi les nations
sans trouver de repos.
Tous ses persécuteurs la traquent
en des lieux sans issue.
Daleth
Les chemins de Sion sont en deuil
personne ne vient à ses solennités.
Toutes les portes sont désertes
ses prêtres gémissent,
ses vierges s’affligent.
Quelle amertume pour elle.
He
Ses oppresseurs triomphent
ses ennemis sont heureux.
C’est le Seigneur qui l’a infligé
pour la multitude de ses péchés.
Ses enfants sont partis captifs
devant l’oppresseur.
Pour plus d'infos voir ici le site de l'Ensemble Barcarole