Giovanni Bellucci au piano a ouvert en fanfare le festival

Publié le 17 Août 2007

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Oui, on peut parler d'une ouverture en fanfare pour ce premier concert du festival.  Tous les ingrédients du succès sont réunis : la clémence du temps, le public - le concert affichait complet  -  un programme étalé sur 3 parties de 1 heure chacune,  construit autour de Liszt et surtout un interprète particulièrement inspiré et généreux. Nous voilà entrainés et immergés une bonne partie de la nuit dans l'univers lisztien, même si le concert commence avec la sonate dite "les Adieux" de Beethoven, à 20 heures, quand il fait encore jour. En fait il s'agissait d'introduire le premier grand plat de résistance, à savoir la transcription de Liszt pour piano de la 5ème symphonie de Beethoven. L'oeuvre prend ici une toute autre dimension sans rien perdre de sa force. Beethoven était un grand pianiste, il a composé des chefs d'oeuvre pour cet instrument et la transcription de Liszt nous révèle une face inconnue du génie beethovénien. Bellucci se donne à fond dans cette aventure, il s'investit totalement, corps et âme et nous entraine dans son univers magique. 

Voilà déjà le premier entracte. Place au repas dans la première cour d'entrée du château. Le public est déjà conquis, l'ambiance est détendue, sereine. Giovanni Bellucci reste seul dans sa loge. Il trouve le temps long et craind de se déconcentrer, de descendre de sa montagne sacrée. Retour du public dans la cour d'Honneur. Deuxième concert. Moment magique à nouveau avec la transcription du prélude et mort d'Isolde de Wagner. On sait que Wagner était le gendre de Liszt. Il a épousé sa fille Cosima qui régnera sur l'empire de Bayreuth bien des années après la mort du Maître. Liszt est mort à Bayreuth un 31 juillet. Giovanni me fait remarquer que nous sommes le 1er août, qu'il est heureux que ce concert soit presque celui de cet anniversaire. Giovanni bellucci sait faire passer cette émotion intense quand les premières notes du prélude s'élèvent dans la nuit qui est maintenant tombée sur Villevieille. Puis c'est l'immense feu d'artifice de la célèbre sonate en si avec ses grands moments d'intériorité méditative. Bellucci déploye ici tout son art. Il nous ouvre grand les portes de cet univers, et nous propulse avec lui au sommet du romantisme. Nous sommes ni dans faust ni dans Marguerite, mais dans l'intimité purement méditative de ce que Liszt a composé de plus sublime.

Après un entracte écourté à la demande de Giovanni qui a besoin de rester concentré, nous voilà repartis avec les paraphrases de Verdi et puis les danses hongroises. Du pur plaisir, qui vient comme un grand bol d'air pur après les moments intenses vécus juste avant. bien sûr à la fin ovation triomphale du public. Standing ovation, la salle debout, du jamais vu à Villevieille, encore deux bis et puis c'est la fin de ce long voyage au bout de la nuit. Mais il faut déjà libérer les lieux, enlever les chaises pour faire passer le camion remportant le piano. Il est presque 3 heures du matin quand je rentre chez moi. Exténué oui, mais les oreilles pleines de cette musique. Liszt était bien présent ce soir-là dans la cour de Villevieille, 121 ans après le lendemain de sa mort.


Rédigé par Daniel

Publié dans #les concerts de 2007

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